
La marge technique d’un radar ne constitue pas une tolérance légale. Le Code de la route sanctionne tout dépassement de la vitesse maximale autorisée, y compris d’un seul kilomètre-heure. La distinction entre vitesse mesurée et vitesse retenue après correction technique reste pourtant le point que la plupart des conducteurs verbalisés ne maîtrisent pas, alors qu’il détermine l’intégralité du barème applicable.
Vitesse retenue et marge technique du radar : le vrai seuil de verbalisation
Un radar fixe applique une marge de 5 km/h pour les vitesses mesurées jusqu’à 100 km/h, puis une marge de 5 % au-delà. Un radar embarqué ou mobile utilise une correction plus large. La vitesse retenue, celle qui figure sur l’avis de contravention, correspond donc à la vitesse mesurée diminuée de cette marge.
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Concrètement, un véhicule flashé à 96 km/h sur une portion limitée à 90 km/h se verra notifier une vitesse retenue de 91 km/h, soit un excès de 1 km/h. L’infraction est constituée, mais elle entre dans la tranche la plus basse du barème. Toute la logique de sanction repose sur cet écart post-correction, pas sur la vitesse affichée au compteur ni sur la vitesse brute captée.
Pour un radar mobile, la marge grimpe à 10 km/h sous 100 km/h et à 10 % au-delà. Un conducteur flashé à 141 km/h sur autoroute par un véhicule embarqué aura une vitesse retenue de 127 km/h, ce qui ramène l’excès réel sous la barre des 10 km/h par rapport à la limite de 130. Comprendre cette mécanique évite de contester une amende pour dépassement de vitesse sur un fondement erroné.
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Excès de vitesse inférieur à 5 km/h : amende sans retrait de point depuis 2024
Depuis le 1er janvier 2024, un excès de moins de 5 km/h ne retire plus aucun point sur le permis de conduire. La contravention reste due, mais la sanction se limite à l’amende forfaitaire. Ce changement modifie le calcul de risque pour les conducteurs en permis probatoire comme pour ceux dont le solde de points est déjà entamé.

Le montant de l’amende varie selon le lieu de l’infraction :
- Hors agglomération (vitesse maximale autorisée supérieure à 50 km/h) : amende forfaitaire de 68 €, minorée à 45 € si elle est réglée dans les délais réduits, majorée à 180 € en cas de retard de paiement.
- En agglomération ou sur route limitée à 50 km/h ou moins : amende forfaitaire de 135 €, minorée à 90 €, majorée à 375 €.
- Le délai de paiement pour bénéficier du montant minoré est de 15 jours par courrier, étendu à 30 jours en cas de télépaiement.
Nous observons que cette distinction agglomération/hors agglomération reste méconnue. Un excès identique de 3 km/h coûte quasiment le double en zone urbaine.
Barème des sanctions à partir de 5 km/h : points, suspension, délit
Le retrait de points commence à la tranche 5-19 km/h au-dessus de la limite. La progressivité du barème s’articule en paliers nets.
Entre 5 et 19 km/h d’excès, la contravention est de classe 3 hors agglomération (68 € forfaitaire) ou de classe 4 en agglomération (135 €). Le retrait est d’un point sur le permis.
Entre 20 et 29 km/h, la contravention passe en classe 4 dans tous les cas (135 € forfaitaire), avec retrait de deux points et possibilité de suspension du permis de conduire.
Entre 30 et 39 km/h, le retrait monte à trois points, l’amende forfaitaire reste à 135 €, mais la suspension de permis peut atteindre trois ans. Le tribunal de police peut également imposer un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Entre 40 et 49 km/h, quatre points sont retirés. L’amende forfaitaire est toujours de 135 €, la suspension de permis peut être prononcée, et la rétention immédiate du permis par les forces de l’ordre devient systématique lors d’un contrôle en bord de route.
Le seuil de 50 km/h : passage en délit
À partir de 50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, l’infraction n’est plus une contravention mais un délit passible du tribunal correctionnel. Six points sont retirés. L’amende peut atteindre 1 500 € (3 750 € en récidive). La suspension de permis va jusqu’à trois ans, sans possibilité d’aménagement pour un permis blanc dans certains cas. En récidive, la confiscation du véhicule et une peine d’emprisonnement deviennent juridiquement possibles.
Ce basculement contravention/délit change radicalement la procédure. Le conducteur n’a plus affaire au simple paiement d’une amende forfaitaire mais à une convocation devant un juge, avec inscription au casier judiciaire.

Contester un excès de vitesse : délai et conditions recevables
La contestation d’un avis de contravention pour excès de vitesse doit être formulée dans un délai de 45 jours à compter de la date d’envoi de l’avis. Elle se fait par requête en exonération auprès de l’officier du ministère public, soit par courrier recommandé, soit via le site de l’ANTAI.
Les motifs recevables en droit sont limités :
- Le conducteur n’était pas le conducteur effectif au moment de l’infraction (prêt du véhicule, vol).
- Le radar présentait un défaut d’homologation ou de vérification périodique (certificat de métrologie expiré).
- L’avis de contravention comporte une erreur matérielle (plaque, lieu, date) rendant l’identification impossible.
Contester au seul motif que la marge technique est jugée insuffisante n’a aucune base juridique. La marge est fixée par arrêté ministériel et s’applique automatiquement avant l’émission de l’avis. La vitesse retenue intègre déjà cette correction.
Le dépôt d’une contestation suspend l’obligation de paiement, mais si elle est rejetée, le conducteur s’expose à l’amende majorée. Nous recommandons de consulter un avocat spécialisé en droit routier avant toute démarche, particulièrement lorsque l’excès dépasse 40 km/h ou en situation de récidive, où les conséquences pénales justifient une défense structurée.
Le barème actuel sanctionne tout excès dès la vitesse retenue, sans plancher officieux. La suppression du retrait de point sous 5 km/h depuis 2024 ne doit pas masquer le fait que l’amende, elle, reste systématique. Pour un conducteur en permis probatoire avec un solde réduit, un seul excès de 5 km/h suffit à déclencher un stage obligatoire de récupération de points.